Henri Barbusse : Le feu

C’est le journal d’une escouade que Barbusse met en scène. Il couvre les deux premières années de guerre et peint la vie des hommes aux tranchées. En vingt quatre chapitres, Barbusse décrit tout ce par quoi passent les soldats du caporal Bertrand ; les tranchées, les attaques, les corvées, la peur, la mort, la permission… Il rapporte aussi leurs sentiments et leurs impressions face au grand événement de guerre qu’ils vivent au quotidien ; mettant l’accent sur les épisodes les plus significatifs et les thèmes les plus caractéristiques de leur vie de combattants.

L’ouvrage est inspiré de l’expérience personnelle de Barbusse. Lors de cette Première Guerre Mondiale, il est soldat aux tranchées de Soissonais, de l’Argonne et de l’Artois avant de devenir brancardier au 231ème régiment d’infanterie. Les années 1915 et 1916 sont les plus dures et les plus pénibles pour lui, comme pour tant d’autres. C’est effectivement, à la suite de des épreuves vécues au cours de ces deux années qu’il conçoit le projet d’écrire un livre sur cette guerre. Et c’est en 1916, à son évacuation du front pour blessure, qu’il écrit, dans les hôpitaux où il reçoit les soins, Le feu sous lequel il avait vécu.

C’est un simple fantassin qui narre cette guerre en restituant son cadre et toute son ambiance d’attaques violentes, de morts et de misères infinies. Ce n’est pas véritablement un récit de guerre homogène, mais plutôt un ensemble de courts épisodes vécus lors de ce conflit et dont le point commun est ces personnages que nous retrouvons d’un chapitre à l’autre. Il n’y s’agit pas particulièrement d’évènements saisissants mais de simples faits que le contexte particulier de guerre rend extraordinaires et leur donne toute l’importance que retient la narration. A titre d’exemple les anecdotes des allumettes233 ou de l’œuf234.

Dans sa première partie, la narration voit une grande prédominance du thème du repos. Les tranchées sont évoquées, au passage, sous la pluie ou sous un bombardement sans plus de détails. Leur citation est comme un rappel du contexte de la guerre. Ce n’est qu’au chapitre XIX, que nous entrons véritablement dans la guerre qui se voit mise en avant dans le XXème chapitre, le feu, du même titre que l’ouvrage. Lors de ce long épisode, nous assistons véritablement au conflit. Les soldats sont sous des bombardements intenses et les morts sont de plus en plus nombreux. Les hommes de la compagnie tombent un à un et la fin de ce feu meurtrier arrive avec la blessure de Joseph qui se fait évacuer par les soins du narrateur.

Il résulte de cette narration du Feu le portrait d’une humanité désabusée, souffrant de ses maux et lasse d’une guerre dont elle réalise l’ampleur des dégâts et des sacrifices. Le roman se clôt sur une dénonciation de cette catastrophe qui entraîne les peuples vers leur décadence. Catastrophe dont seuls sont coupables les dirigeants des peuples qui décident de ces guerres, les ordonnent et les encouragent faisant obstacle ainsi au progrès et à la grandeur de l’humanité. Une condamnation qui s’inscrit dans la ligne de l’engagement socialiste de l’écrivain.

A sa sortie, Le feu a beaucoup de succès et continue aujourd’hui. C’est la première fois que la barbarie et l’atrocité d’une guerre sont dénoncées et que son illusion lyrique est démystifiée. Le prix Goncourt qui suit rapidement sa publication est la grande reconnaissance et la meilleure consécration de sa valeur.

En lisant le roman de Barbusse, il n’y a pas véritablement d’imprécisions spatiaux-temporelles. Les temps et les lieux de l’action sont assez précis et correspondent à une réalité historique que nous pouvons retracer. Cette réalité historique est d’autant plus renforcée par Carnet de guerre du même auteur où nous retrouvons ces séquences du Feu ou du moins leurs origines. Là, nous remarquons quelques traits communs avec Les Croix de bois. Les hommes souffrent de cette vie de soldats aux misères infinies et dont rien ne semble pouvoir les en délivrer. La guerre apparaît dans toutes ses horreurs et avec tous ses ravages n’épargnant ni les hommes au front ni ceux à l’arrière. Un arrière qui tout à l’image des gradés rajoute aux peines des soldats.

Cependant, ces hommes de Barbusse, bien que dépassés par l’événement, ne s’enlisent pas indéfiniment dans les tranchées comme ceux de Dorgelès. Ils ne trouvent pas pour autant, dans le repos et les permissions un répit à cette guerre qui continue à les poursuivre partout où ils se trouvent. La raison en est leur grande conscience de l’événement et de son ampleur. Les hommes du Feu mesurent cette guerre, plus particulièrement ses enjeux à leur juste titre. Ils en discutent tout le temps et dénoncent les tueries à chaque discussion. Tous sont d’accord sur les méfaits de cette guerre de 14, et de toute guerre en général. Tous en connaissent les conséquences graves, aussi bien matérielles qu’idéologiques. Et ils ne sont cependant, que de simples ouvriers de toutes les professions et de condition sociale populaire. Seul le narrateur est un intellectuel, l’unique parmi cette multitude comme le précise Barbusse et le revendique dès les premières pages de l’ouvrage.

C’est à cela que ces hommes passent leur temps: subir la guerre et en discourir dans le but de la dénoncer et de la faire bannir par les générations à venir. Le dernier chapitre est plus que révélateur puisque l’auteur, ainsi que nous le disions ci-dessus, choisit de conclure son roman sur une dénonciation totale du conflit.

Voici un extrait, quelque peu long mais qui porte des éléments du caractère engagé du roman. Les hommes de l’escouade débattant de l’héroïsme, de l’intérêt de cette guerre et de ses apports pour eux, pour toute l’humanité :

‘- « - Ils te diront, grogna un homme à genoux, penché, les deux mains dans la terre, en secouant les épaules comme un dogue : ‘‘Mon ami, t’a été un héros admirable !’’ J’veux pas qu’on m’dise ça !
‘‘Des héros, des espèces de gens extraordinaires, des idoles ? Allons donc ! On a été des bourreaux. On a fait honnêtement le métier de bourreaux. On le r’fera encore, à tour de bras, parce qu’il est grand et important de faire ce métier-là pour punir la guerre et l’étouffer. Le geste de tuerie est toujours ignoble – quelque fois nécessaire, mais toujours ignoble. Oui, de durs et infatigables bourreaux, voilà ce qu’on a été. Mais qu’on ne me parle pas de la vertu militaire parce que j’ai tué des Allemands.
- Ni à moi, cria un autre à voix si haute que personne n’aurait pu lui répondre, même si on avait osé, ni à moi, parce que j’ai sauvé la vie à des Français ! Alors, quoi, ayons le culte des incendies pour la beauté des sauvetages ! »235

Les soldats réalisent, à juste de titre, que leur héroïsme n’a d’honorable que le contexte de guerre. Seul ce conflit ne fait plus d’eux des tueurs. Pour cette raison, ils refusent d’être qualifiés d’héros préférant être « des bourreaux ». Ils vont plus loin jusqu’à contester la légitimité de cette guerre, et celles futures, sous prétexte qu’elles se rapportent à des sentiments nobles tels que la défense de la Patrie.

Fidèles à ces principes, les hommes de Barbusse continuent à discourir de la guerre et à la dénoncer :

‘« - Ce serait un crime de montrer les beaux côtés de la guerre, murmura un des sombres soldats, même s’il y en avait !
- On t’dira ça, continua le premier, pour te payer en gloire, et pour se payer aussi de c’qu’on n’a pas fait. Mais la gloire militaire, ce n’est même pas vrai pour nous autres, simples soldats. Elle est pour quelques-uns, mais en dehors de ces élus, la gloire du soldat est un mensonge comme tout ce qui a l’air d’être beau dans la guerre. En réalité, le sacrifice des soldats est une suppression obscure. Ceux dont la multitude forme les vagues d’assaut n’ont pas de récompenses. Ils courent se jeter dans un effroyable néant de gloire. On ne pourra jamais accumuler même leurs noms, leurs pauvres petits noms de rien.
- Nous nous en foutons, répondit un homme. Nous avons aut’chose à penser.
- Mais tout cela, hoqueta une face barbouillée et que la boue cachait comme une main hideuse, peux-tu seulement le dire ? Tu serais maudit et mis sur le bûcher ! Ils ont crée autour du panache une religion aussi méchante, aussi bête, et aussi malfaisante que l’autre ! » 236

Ces derniers se savent condamnés à l’oubli d’après-guerre car les titres et les privilèges ne vont qu’aux hauts gradés qui ont acquis une excellente réputation de combattants sur leurs dos et grâce à leurs sacrifices de petits soldats inconnus. Mieux encore, se sachant d’éternelles victimes des idéaux et des bourrages de crânes, prêts à recommencer ces mêmes tueries par obéissance aux ordres, ils voudraient à jamais tuer ces conflits désastreux pour l’humanité.

Ce discours à forte composante argotique, pour rester véridique et fidèle au langage des soldats, demeure recherché pour ces simples ouvriers. Quoi qu’usant d’un langage populaire, il reste malgré tout d’un niveau intellectuel élevé. Parfois, il n’est même plus de circonstance et paraît comme parachuté pour les lecteurs. Il est plus qu’impressionnant de constater un tel niveau de discussion de la part de gens du peuple que l’auteur avait, dès le départ, dépourvus de toute richesse matérielle ou intellectuelle sauf celle des sentiments. Des sentiments que nous nous attendions à voir teintés de plus de simplicité et de modestie, à leur image.

De plus, à lire la fin de cet extrait, il nous semble assister à une pièce de théâtre tragique vu cette recherche dans la mise en scène :

‘« L’homme se souleva, s’abattit, mais se souleva encore. Il était blessé sous sa cuirasse immonde, et tachait le sol, et, quand il eut dit cela, son œil élargi contempla par terre tout le sang qu’il avait donné pour la guérison du monde…»237

Les personnages sont la plupart du temps dans des situations dramatiques (dans le sens littéraire du terme) à partir desquelles ils tonnent leurs discours et révèlent leurs pensées. Une théâtralisation de situations ordinaires et quotidiennes pour lui conférer tout le tragique nécessaire pour bien servir l’opinion de son écrivain. Notons que malgré tout, l’essentiel du message dénonciateur de la guerre reste perceptible et son pathétique des plus présents ; s’il n’en est pas beaucoup plus notable.

Encore à titre d’exemple cet extrait d’un article de presse de l’époque qui rejoint notre lecture du Feu :

‘« Le Feu lui-même n’est pas toujours vrai. Barbusse nous a tracé une admirable fresque, ombre et flamme ; des grappes de damnés se tordent sur un ciel de souffre ; l’homme hurle sa souffrance ; un fatum monstrueux étend ses ailes sur la terre bouleversée et l’humanité sanglante : et voici qu’un cri de colère et de douleur s’élève de ce champs dévasté; c’est la voix de Barbusse clamant une infernale épopée. Dans le Feu, poème dantesque, la guerre atteint l’immensité d’une convulsion cosmique. Les personnages ont quelque chose de surhumain. Ils dialoguent, à demi-ensevelis dans la boue, comme les protagonistes d’un drame éternel. La rumeur des canons ne parvient pas à étouffer leurs réparties tragiques. A tout instant, l’auteur crève le cadre du récit, hausse la voix pour un appel à la justice et à la révolte. Tour à tour épopée, plaidoyer ou pamphlet, tel est le Feu. »238

Le tragique qui clôt le roman est présent tout au long du récit. Cette tristesse dramatique va du début jusqu’à la fin de la narration, en en devenant une caractéristique. Le feu est un roman triste à l’image d’une guerre des plus tristes. N’y voyant aucune issue ni chance d’amélioration provisoire ni définitive, le narrateur ne lui confère qu’une narration semblable, triste et sombre dans toutes ses composantes. Même l’amour se voit banni de cette guerre et de son récit. Il aurait pu être une issue positive pour ce conflit, le salut d’une humanité souffrante mais nous le voyons rattrapé, à son tour, par les ravages de la guerre. Ainsi, Eudoxie, le seul personnage sympathique de l’arrière, symbolisant l’amour naissant avec un soldat en guerre se fait tuer lors d’un bombardement.

Nous sommes bien loin des répits des Croix de bois et des élans d’espoir de ses temps de repos. Le feu ne garde de cette guerre et n’y voit que l’horreur des tranchées et ses misères. Ni au repos, ni en permission, ni même en convalescence ces répits momentanés ne sont porteurs de quelque joie ni espoirs. Le manque de confort étant de toutes les circonstances, Les moments de répit, privilèges des Croix de bois, ne sont qu’un nouvel enfer au Feu. L’un des personnages ne disait-il pas que ça serait un crime de montrer les beaux côtés de la guerre, même s’il y en avait ? L’auteur obéit à ce souhait ou tout simplement réussit à ne rien voir d’autre en cette guerre meurtrière.

Dorgelès dépasse Barbusse à ce niveau. Si tous deux voient dans les tranchées un feu de l’enfer, au grand malheur des hommes qui combattent ; le premier a de la guerre une vision plus optimiste que le second. Un optimisme qui se révèle dans ces rapides moments de repos où les hommes de Dorgelès retrouvent une joie de vivre à leur faire oublier la guerre malgré sa présence dans quelques bruits de fond. Les hommes de Barbusse, eux, ne l’oublient jamais et la vivent continuellement dans chaque souffle de leur vie. Aucun soulagement ni répit.

Le feu est le premier ouvrage dénonçant la guerre avec autant de ferveur et autant de tristesse représentative de ce malheur. Il est le premier à dévoiler cette facette de la guerre dans son horrible réalité, loin des fastes héroïques et patriotiques. Cette guerre pour Barbusse n’a aucun autre visage ni ne peut en avoir. Nous sommes en 1916. Nul ne peut contester sa valeur ni son apport à la connaissance de ce fléau par le public.

En 1919, Dorgelès, à son tour, innove encore en reconnaissant à cette guerre des moments de joies et de bien être que les hommes du front vivent au repos. Cette guerre triste et désespérante laisse donc de l’espoir à ses hommes qui la vivent à son rythme, le plus simplement et le plus innocemment possible. C’est là, le vrai visage de cette guerre, bien que très difficile à admettre à cause de ses horreurs.

Les lecteurs semblent apprécier cet aspect optimiste-humain et les critiques littéraires le retiennent à l’avantage des Croix de bois. Dans un article du 4 mai 1919, il est écrit :

‘« Barbusse a fait le roman d’une escouade. En voici l’histoire, et dans ce microcosme, l’histoire de l’armée, son âme. L’on se demande, à lire le Feu, comment il s’est pu qu’une telle armée ait même tenu, avant de vaincre. C’est ce que Barbusse n’explique pas, ni son lecteur superficiel, lorsque, la vue bouchée par le réalisme du détail, il croyait à la vérité du tableau. C’est ce que Roland Dorgelès fait comprendre, sans rien cacher pourtant des heures horribles dites une à une. »239

Cette comparaison exhaustive nous démontre combien la vision de Dorgelès de la Première Guerre Mondiale peut être aux goûts des lecteurs. Ces derniers y voient enfin les facettes de cette guerre qu’ils ne connaissent pas ou dont personne n’avait jamais parlées auparavant. Une vision ‘‘révolutionnaire’’ pour son temps car pour la première fois, elle se mêle à des moments de joie et de gaieté. La guerre de Dorgelès n’est pas pénible à lire étant certaines fois légère comme l’avaient vécue les hommes après les tranchées. Rien d’elle n’est oublié. Rien n’est dissimulé au profit d’une quelconque morale ou idéologie.

Quelques-uns reprochent aux hommes de Dorgelès de ne pas discourir de la guerre comme le font ceux du Feu. Cette autre forme de légèreté, étant tout aussi choquante que celle de leurs vies au repos, correspond toutefois aux goûts des lecteurs. Elle est considérée comme un atout majeur des Croix de bois. Ces soldats de France ne sont que des hommes simples, de milieux différents et populaires la plupart du temps. Ils ne peuvent voir cette guerre que de leur point de vue simple, à l’image de la vie ordinaire qu’ils avaient toujours vécue. Leur engagement politique correspondant à leur vie quotidienne et se limitant à ses simples intérêts, il ne peut être différent en ces conditions. Il est uniquement limité à cette volonté de sauver leur pays attaqué et d’en finir avec cette guerre. Même leur désir de vengeance de l’arrière et des hauts gradés, ils le savent juste fait de paroles à remettre pour plus tard. Ces hommes envoyés au front continuent à y vivre aussi naturellement qu’ils l’avaient toujours fait avant le conflit et loin du front. Les conditions de guerre extraordinaires et éprouvantes leur donne comme priorité de retrouver des repères connus et solides pour ne point s’y perdre plutôt que d’en débattre pour le bien de l’humanité entière. Ces repères sont les petites joies de vivre et les petites habitudes qu’ils essaient de retrouver au repos.

Dorgelès innove au niveau de la narration de cette guerre comme avait innové Barbusse, avant lui, au niveau de sa monstruosité. La voie vers la vérité déjà tracée, Dorgelès l’approfondit, l’améliore et peut-être même la perfectionne. En se mettant à la place du lecteur qui voudrait tout savoir de ce conflit, Dorgelès comprend ce qu’on attend de ses Croix : la vérité dans toute sa simplicité. A cet appel, il répond.

Notes
233.

« Ça, c’est dur, en effet, et il est pitoyable de voir les poilus qui ne peuvent pas allumer leur pipe ou leur cigarette, et qui, résignés, les mettent dans la poche et se promènent. Par bonheur, Tirloir a son briquet à essence avec encore un peu d’essence dedans. Ceux qui le savent s’accumulent autour de lui, porteurs de leur pipe bourrée et froide. Et même pas de papier qu’on allumerait à la flamme du briquet : il faut se servir de la flamme même de la mèche et user le liquide qui reste dans son maigre ventre d’insecte.… Moi, j’ai eu de la chance… Je vois Paradis qui erre, sa bonne face au vent, en ronchonnant et en mâchant un bout de bois.

- Tiens, lui dis-je, prends ça !

- Une boîte d’allumettes ! s’exclame-t-il, émerveillé, en regardant l’objet comme on regarde un bijou. Ah, zut ! c’est chic, ça ! Des allumettes !

Un instant après, on le voit qui allume sa pipe, sa figure en cocarde magnifiquement empourprée par le reflet de la flamme, et tout le monde se récrie et dit :

- Paradis qu’a des allumettes ! »

H. Barbusse, Le feu, In http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre19273.html#page_250

234.

« Vers le soir, je rencontre Paradis près des restes triangulaires d’une façade, à l’angle des deux rues de ce village misérable entre les villages. Il me fait signe :

- Psst !…

Il a un drôle d’air, un peu gêné.

- Dis donc, tout à l’heure, me dit-il d’une voix attendrie, en regardant ses pieds, tu m’as balancé une boite de flambantes. Eh ben, tu s’ras récompensé d’ça. Tiens !

Et il me met quelque chose dans la main.

- Attention ! me souffle-t-il. C’est fragile !
Ébloui de la splendeur et de la blancheur de son présent, osant à peine le croire, je reconnais… un œuf ! » Ibid.

235.

Barbusse, le feu, livre de poche, Paris, 1965, pp 373-374

236.

Ibid.

237.

Ibid.

238.

Louis Chadourne, « Hommes & Livres d’Aujourd’hui : Les Croix de bois par Roland Dorgelès », La Lanterne, avril 1919.

239.

Le carnet des lettres des sciences et des arts : « Les Croix de bois », Action Française, 4 mai 1919