1.7.3- Visions du secteur bancaire libanais

Le secteur bancaire libanais est assurément le plus important du pays du fait qu’il permet à ce pays de maintenir la valeur de sa monnaie et de prévenir un effondrement de ses finances publiques et ainsi de son économie. Ce secteur parvient à accomplir cette tâche en attirant les capitaux sur le marché local ainsi que sur les marchés internationaux. L’industrie bancaire au Liban est principalement basée sur la crédibilité et sur compétences de son personnel. La fortification des contacts nécessaires avec l'étranger ont participé à la reconstruction du secteur bancaire endommagé par la guerre libanaise. Les capitaux propres et les dépôts du secteur ont ainsi augmenté d’une manière remarquable et les grandes banques libanaises deviennent de taille régionale. Le bilan des chiffres montre que le Liban dépasse tout les pays du Monde Arabe (sans prendre en considération l’industrie pétrolière). Le volume des avoirs bancaires est estimé à presque 54.5 milliards de dollars américains et ainsi presque le triple du Produit Intérieur Brut (PIB) libanais. Cette situation est certainement une conséquence directe de la politique d'endettement public qui a participé au gonflement des avoirs bancaires, les banques libanaises ayant participé au financement de l’état. Cela se faisant dans un temps où l'économie libanaise connaissait une crise latente qui se matérialisait à travers l’absence d’une croissance significative. La rentabilité du secteur bancaire libanais continue à connaitre certaines fluctuations qui restent cependant largement au-dessus du niveau minimal. La part du marché est distribuée d’une manière inégale ; La rentabilité des quatre banques les plus grandes représente presque la moitié des profits de l’ensemble du secteur. Les banques. Le nombre total des banques opérant sur le marché libanais a sensiblement chuté depuis la seconde moitié de la dernière décennie du siècle passé. Comme mentionné dans le paragraphe précédent, cette vague de consolidation bancaire avait des raisons multiples. Parmi celles-ci nous citons l’intérêt des grandes banques à désencombrer le marché bancaire et les incitations et les interventions directes de la Banque du Liban à travers des prêts accordés aux banques acquéreuses.

Sur le plan du marché financier, la bourse de Beyrouth peut être facilement qualifiée de stagnante et d’inactive. Cela se répercute sur nombre de banques libanaises cotées en bourse et ainsi sur la prospérité du secteur sur le plan international. Le marché bancaire libanais se montre cependant déterminé à rester à jour et à suivre l’évolution du métier bancaire à travers l’intégration des systèmes de banques privées «Private Banks » et des banques d’investissement «Investment Banks », de la fiducie et d’autres services bancaires. Il a de même développé des outils de la « banque à réseau » offrant des services aux particuliers et une large gamme de produits. Bien que les interventions du secteur public à l’évolution du secteur bancaire libanais restent modestes (à l’exception du rôle accompagnateur de la Banque centrale), il s’avère important de mettre en évidence l’importance de l’activation de certains organismes comme «l'Établissement Public de l'Habitat ». La réforme du secteur bancaire a eu des impacts positifs sur l’ensemble de l’économie libanaise. Parmi ceux-ci nous citons l’organisation du marché et de la concurrence externe et ce dans un cadre de globalisation croissante. Ce potentiel de compétences et de savoir-faire permet aux banques libanaises de bien s’étendre avec les pays voisins comme la Syrie, la Jordanie et l’Irak. Nous notons que ces pays sont pauvres en ressources humaines bancaires bien qu’ils possèdent un potentiel de croissance économique très important. Cette croissance nécessite des capitaux, des ressources humaines et de la technologie, choses que les banques libanaises possèdent et maitrisent à fond.

En conclusion, nous pouvons déduire que le secteur bancaire a montré une importante capacité d’adaptation à la longue démarche de reconstruction du Liban. Ce secteur essaie à l’heure actuelle de regrouper ses forces pour faire face aux mutations structurelles qui affectent le marché bancaire partout dans le monde. Le secret bancaire est certainement la clé de prospérité de l’activité bancaire. Malgré l’ampleur des années de guerre, le secteur bancaire a su préserver sa bonne réputation 32, le pays a cependant perdu une importante partie du marché de la région. Depuis la dernière décennie du siècle passé et précisément depuis l’année 199033, le secteur bancaire participe solidement à la réforme de l’économie34. C’est la Banque du Liban qui supervise et qui gère les banques. Elle contrôle ainsi l’accès des nouveaux entrants et définit le champ des activités bancaires. Nous notons enfin que la Banque Centrale promulgue les législations bancaires.

Notes
32.

Cette bonne réputation était une source d’attraction vers Beyrouth des capitaux du Monde Arabe et des pays du Golfe. Les banques libanaises se sont démontrées capables de bien gérer des fonds de toutes origines. Le secteur bancaire devient ainsi un des piliers essentiels de l’économie libanaise et l’image fidèle de sa richesse.

33.

L’année où la guerre libanaise s’est arrêtée et où un accord de paix « Accord de Taif » a été signé et mis en application.

34.

Le secteur bancaire libanais est toujours considéré comme leader par les autres secteurs économiques en termes de mise à jour et de technicité. Cela est principalement dû aux programmes de rénovation et de formation.